Permaculture - 02.6 - L'empilement des végétaux

Publié le par permaculture.over-blog.fr

2.6 L'« EMPILEMENT » DES VÉGÉTAUX

« Le tronc élevé et sinueux du palmier se dresse au-dessus de chaque village et à proximité de chaque champ. Le palmier fibreux a pénétré presque toutes les facettes de la vie des gens. C'est la première défense contre le soleil dans les champs, et dans son ombre croît l'olivier. Sous l'olivier, le figuier pousse, et sous le figuier, le grenadier et la vigne, puis la céréale, et les légumes. La seconde contribution du palmier sont les dattes... »

WILLIAMS9

Cette citation évocatrice pourrait aussi bien figurer en tête du chapitre sur les terrains arides, mais c'est le prélude essentiel à la considération d'une agriculture à plusieurs étages, spécialement là où un soleil ardent est l'ennemi. Williams ne veut pas présenter l'image d'une forêt, où les plantes, serrées entre elles et trop ombragées ne reçoivent pas assez de lumière où d'humidité. Ce qu'il décrit est représenté sur la fig. 2.12.

Mon ami Neil Douglas, qui jardine comme un esprit de la terre sur les collines schisteuses du piémont de l'État de Victoria, où la sécheresse estivale est forte, fait grimper des plantes comme les potirons et les haricots, et dispose ses arbres pour donner de l'ombre à la myriade d'espèces végétales qui vivent dans son jardin : ils ne leur font pas concurrence mais les aident. Les illustrations de A Book of Earthly Delights (Abbie Heathcote, Compendium, 1978) montrent clairement comment le jardin est structuré — écologiquement plutôt qu'anarchiquement, mais avec un ordre qui est élaboré plutôt que forcé. De tels jardins trouvent leur équilibre après quelques années d'essai, où les espèces elles-mêmes indiquent leurs préférences, défiant souvent tous les diktats de la littérature. Il est franchement heureux que les plantes ne sachent pas lire !

Dans la nature, les rigueurs de l'environnement peuvent décider de l'espacement des plantes, du degré de leur "empilement » ou de leur densité. La limitation principale peut-être le fait des pluies, et dans le désert, il y a de larges zones de terrain nu entre les plantes.

1. Établissement du système

Il n'est pas difficile de concevoir et de réaliser des jardins qui soient plus intensifs que le système naturel, et notre avantage est que nous pouvons utiliser plusieurs méthodes pour accroître le nombre de plantes qui peuvent tenir sur un terrain donné. Ce sont:

  • la diminution de la perte d'eau, la construction de structures destinées à donner de l'ombre, et de haies ou de murs qui réduisent l'évaporation due au vent ;

  • l'introduction d'espèces très résistantes à la sécheresse, tels les cactus, qui résistent mieux que les plantes utiles habituelles, spécialement, comme haies brise-vent ;

  • l'utilisation de feuilles de plastique enterrées verticalement entre le jardin et le sol sec contigu, pour retenir l'humidité.

Notre capacité à tirer profit de toutes les espèces et cultivars utilisés et développés par l'homme en d'autres lieux et d'autres temps dépend directement de notre capacité à leur donner la situation (niche) qui leur convient. La logique conduit donc à modifier les systèmes naturels et les bâtiments.

« De cette façon, un environnement peut être rendu capable de recevoir de nombreuses espèces sans qu'elles se fassent concurrence. » (Watt14). La modification principale, et elle est très importante, est qu'un système bien occupé résiste à l'invasion des formes- rampantes (tels les merles et les ronces) de façon à ce que la diversité initiale jointe au manque de perturbations soit le facteur qui préserve le dynamisme diversité - stabilité. Je ne peux trop insister sur l'importance qu'il y a à conserver un petit morceau de terrain totalement occupé par des plantes, si l'on désire économiser des heures de travail.

Ce n'est qu'au point où le système commence à se simplifier que nous devons intervenir. Une estimation grossière donne environ 60 ans dans le cas d'éléments de grande taille à longue vie, et moins si les éléments sont petits ou ont la vie courte. Il n'y a cependant pas de raison qui fasse que certains éléments et de nombreuses structures ne puissent persister pendant des millions d'années. La préservation des « lisières »(1) maintient notre choix, et permet la persistance de petites espèces à vie brève et ne supportant pas l'ombre.

1 "L'effet de lisière" est un facteur important. Il est reconnu en permaculture que l'interface entre deux écosystèmes représente un troisième système, plus complexe, qui combine les deux. Aux interfaces, les espèces des deux systèmes peuvent coexister et la lisière possède aussi ses propres espèces dans de nombreux cas. La production photosynthétique globale est supérieure aux interfaces. Par exemple, le système complexe d'interfaces terre/océan — tels les estuaires et les récifs de corail — fait montre de la plus grande production, par unité de surface, parmi les écosystèmes les plus importants (Kormondy, E.J., Concepts of Ecology, Prentice Hall, New Jersey, 1959). Un paysage qui possède des lisières complexes est intéressant et beau; il peut être considéré comme étant la base de l'art de la planification du paysage. Et il est certain que le développement des lisières rend le paysage plus productif (Permaculture I, p. 29).

 

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3 "L'effet de lisière" est un facteur important. Il est reconnu en permaculture que l'interface entre deux écosystèmes représente un troisième système, plus complexe, qui combine les deux. Aux interfaces, les espèces des deux systèmes peuvent coexister et la lisière possède aussi ses propres espèces dans de nombreux cas. La production photosynthétique globale est supérieure aux interfaces. Par exemple, le système complexe d'interfaces terre/océan — tels les estuaires et les récifs de corail — fait montre de la plus grande production, par unité de surface, parmi les écosystèmes les plus importants (Kormondy, E.J., Concepts of Ecology, Prentice Hall, New Jersey, 1959). Un paysage qui possède des lisières complexes est intéressant et beau; il peut être considéré comme étant la base de l'art de la planification du paysage. Et il est certain que le développement des lisières rend le paysage plus productif (Permaculture I, p. 29).

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Bonjour,

Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

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